Les aléas des test de traduction…

48h et 10000 mots à traduire (EN UK->FR), c’est un énorme test, mais pour une maison d’édition, pourquoi pas!

Je suis déçue de ne pas avoir été retenue. J’ai pris plaisir à faire le test, à la fois le défit de terminer à temps malgré ma tendance à être la plus lente, et le fait de m’atteler à de la traduction littéraire d’un genre que j’apprécie tant.

Je vous raconte plus bas quelques aspects de mes 48h de test, à lire si vous avez le temps. J’avais envie de vous faire part de mon expérience puisque c’est le premier test littéraire que je fais pour l’édition. Apparemment , j’ai fait quelques belles de mes trouvailles, même si cela n’a pas suffit. J’ai manqué de temps et la traduction que j’ai rendue était pour le moins dire, hum… brouillon. J’espère quand même qu’on me dira quelles elles étaient, à la fois pour ma confiance en moi et parce que je apprends mieux par rapport à ce que j’ai réussi que par opposition à ce que j’aurais pu changer.

J’aurais aimé discuter avec l’auteur, Jonathan L. Howard, lors de la traduction mais aussi en général. ‘Flatlands” me semblait avoir besoin d’être traduit avec l’ajout d’un adjectif (comme ‘Mornes Plaines’?). Le mot “buggerlugs” a deux sens possibles, lequel préfère-t-il? Son style m’a parfois donné  l’impression de lire du français écrit avec des mots anglais. Je ne sais pas comment exprimer cela autrement. Ce n’est pas du simple anglais soutenu. Son personnage principal semble aimer les grands mots, précis, limite pédants tant ils sont exacts. Pourquoi “Locomotive” et  non “engine” serait un exemple. J’ai pris plaisir à ses variations de languages, ses jeux de mots (“a swamp waiting to happen” //  “an accident waiting to happen”, “Santa’s little helper” // “Satan’s little helpers” …) et son sens de l’humour.

Je vous avoue que je ne m’attendais pas à avoir le temps de fignoler ni à bien relire et j’ai passé le week-end dernier à osciller entre me réjouir d’avoir rendu mon texte et décortiquer tournures maladroites (dues entre autre à mon attention au détail qui parfois me fait perdre de vue le sens global) et vocabulaire qui me causait souci.

À cause de cela, je me suis mise deux bâtons dans les roues, sans le vouloir. J’ai fait la traduction que j’ai rendu sans utiliser Internet du tout car je suis trop curieuse pour toujours m’en tenir au seuls mots recherchés et j’ai décidé de garder toutes recherches internet pour la fin. Voilà le manque de temps qui me mord les mollets: je n’ai ni eu le temps de vérifier certains  termes que je n’avais pas trouvés dans mes dictionnaires (imprimés et CD-rom) ni pu utiliser de dictionnaire des synonymes français, car c’est le dernier outil qui manque à ma panoplie et il m’aurait fallu faire une nuit blanche… ‘buggerlugs’ et ‘stanchion’ illustrent ces deux aspects puisque je me suis contenté de rapiécer/bricoler  le français au dernier moment lors de la relecture.
Est-ce que les autres traducteurs ont fait des nuits blanches? J’y ai beaucoup pensé. Je ne veux pas le savoir.

Je n’ai pas résisté à ma curiosité par la suite, je l’admets, et j’ai repris le texte lundi après-midi: 4h à faire ces recherches sur Internet qui m’ont tant fait défaut, à nettoyer questions de vocabulaire, trouver de vilaines fautes d’orthographe et erreurs de frappe, à douter de certains choix que j’avais fait, enfin: ma corneille s’est posée sur un simple ‘piquet’ et ma locomotive à été dotée de la ‘chaudière’ dont elle avait tant besoin. Ce mot m’est revenu samedi vers 13h! Imaginez ma frustration.

Je suis d’avantage satisfaite de la traduction que j’ai sauvegardée lundi car elle me donne moins l’impression d’être un brouillon que ce que j’ai rendu.

Une chose qui est très dommage, le fait d’avoir fait ma relecture samedi matin, à la cuisine, sur le portable de mon conjoint (pour ne pas le réveiller). Aléa d’un F1 qui m’a valu d’ouvrir mon texte avec quelque logiciel libre choisi par Microsoft sur ce ‘pratique’ netbook et qui m’a promptement enlevé tous marquages couleurs, italiques et polices. J’ai eu un mal fou à retrouver les mots que je savais devoir vérifer ou choisir, j’en ai manqué, la souris tactile a fait glisser le texte sans que je le remarque, sautant au moins deux paragraphes que je n’ai même pas relus (avec un joli gros mot abandonné au milieu et plusieurs de mes options non choisies). La prochaine fois que je fais un test, si je dois finir un samedi matin, Chéri devra supporter mon ordi allumé dans notre pièce de vie.

Bah! “We live and learn.”

I nearly cried when I found out I hadn’t got the job but I enjoyed the 48h marathon nonetheless.

5 thoughts on “Les aléas des test de traduction…

  1. You can’t leave us in suspense – what is the French for buggerlugs then? That could come in handy!

  2. Quoi???

    Ah, well, I don’t expect to understand anyway. What I do know is that I have been a lax Dithy and not visited you much here. Good to see things are going so well! Love n hugs. xxx

  3. @ Agatha 🙂 I think I’d keep spoil-sport for the text but it can also mean cauliflower ears. Good hey!
    @ Dith, I did think of translating it, and then decided I’d make people practice their French 🙂

  4. I’d have needed nearly a week just to draft 10,000 words for publication… I’m not sure I’d have enjoyed the pressure of doing it in 48 hours. Well done for taking up the challenge!

  5. I know, it was truly mad, and I would need a week too. It’s why I felt I’d handed in a rough draft.

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